Plaidoirie contre les Crocs

« Mais c’est siii confortable ! ». Non non non et non! Cet espèce de sabot en plastique qui a la prétention d’être coloré est une hérésie pure et simple. Le confort ne peut être un argument pour cette chose qui se veut déjà si laide. Vos petits petons ne subiront pas ça, je ne laisserai pas faire. Par quoi commencer? Les petits trous qui permettent de faire respirer nos doigts de pied? Si on a des problèmes de puanteur de pied on met du talc ou je ne sais pas, on change de gel douche! Mais la solution Geox ou Crocs n’est pas envisageable. L’été, si on a chaud, pourquoi ne pas porter cet étrange objet si communément appelé (le suspense est insoutenable) … des sandales? Je vous promets, c’est révolutionnaire, c’est joli, ça se renouvelle tous les ans et on peut acheter plusieurs paires complètement différentes (si si promis c’est possible)!


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En parlant de renouvellement, ces sournois créateurs de Crocs ont inventé quelque chose d’encore plus diabolique que la Croc elle-même: des pins. « Comment ça des pins? » me direz-vous, enfin des broches, des breloques que l’on peut ajouter, clipser aux trous de l’infâme objet. C’est charmant et d’un chic absolu: petits trèfles, coccinelles et compagnie… Champêtre en somme! Je n’aurais qu’une dernière volonté avant de vous laisser: pourrais-je assister une fois dans ma vie à une réunion marketing des designers de Crocs qui, manifestement, ont dû prendre quelque chose de lourd sur la tête pour voir comment ils ont pu laisser faire c’est-à-dire ne rien mener contre cette expansion ignoble aux pieds des plagistes tous les ans! Mon cœur vit des étés difficiles chaque année quand il croise des Crocs en série.

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IMPATIENCE QUAND TU NOUS TIENS…

Ca y est, nous y sommes enfin arrivés. Après avoir survécu au célèbre et fatidique hiver lyonnais nous jouissons, petit à petit, du retour des magnifiques jours ensoleillés.

Un retour si attendu qu’il a réussi à nous faire bondir de notre lit ce dimanche, alors
que nous étions tous dans le mal après un dur et laborieux weekend.

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Mais problème : Qu’est-ce qu’on enfile en ce temps de mi saison ? Car ne le niez pas, nous avons toutes été tentées par l’idée de ressortir nos petits shorts 501 et nos mini robes légères que nous avons usées l’été dernier. Impatientes de retrouver nos petits hauts fluides et courts, portés sur nos tailles hautes préférées. Tentant oui… Mais non. ON SE CALME !

Au risque de passer pour des niaises qui se dévêtissent au moindre rayon de soleil alors que Lyon est encore bien trop frais, nous faisons preuve d’un peu de retenue en commençant à peine par sortir sans manteaux. Petite folie de la journée.

Par contre, nous avons le droit en attendant, et il est même vivement recommandé pour notre santé, de nous pencher sur les collections Printemps-Eté qui ornent depuis quelques semaines tous les magasins.

Très bonne nouvelle, l’été 2015 sera contrasté et mélange des influences diverses et variées nous donnant le choix entre plusieurs styles.

Commençons par l’influence Seventies que l’on retrouve partout sous plusieurs formes. D’un côté une tendance très « Fièvre du samedi soir » avec des imprimés à touches pailletées. Mais aussi le 70’s Gypset Bohème avec de longues robes fluides qui dansent au moindre souffle de vent. On aperçoit aussi la Bohème romantique avec des robes blanches, travaillées à la dentelle, et sa fleur dans les cheveux…

A l’inverse, un grand accent masculin se démarque en cette saison. Des touches très militaires avec le come-back de choc du Kaki sous des coupes pourtant très féminines marquées à la taille ou décolletées. Un souffle marin rafraîchissant avec des vestes à épaulettes et pantalons carotte à cordages bleus. Enfin on retrouve un côté très industrie cette saison, retrouvant des combinaisons de pilotes d’avion de chasse ou de techniciennes de choc.

Les jeux de transparence répondront bien-sûr présents cette saison mais sous des couleurs pâles très sobres et des coupes rappelant les danseuses de ballet : des tutus extra-longs portés avec des ballerines et un petit débardeur, en toute simplicité.

La grande originalité de l’été 2015 ce sont les patchworks de tissus vintages et jeans mélangeant imprimés, couleurs et matières radicalement opposées. Plus il y en a et mieux c’est, rendant le tissu tellement original qu’il faut s’appliquer à simplifier au maximum la coupe de la tenue pour ne pas en faire trop et finir par ne ressembler à rien. Je vous l’accorde, difficile et risqué… Mais ça se tente !

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Vous l’aurez compris cette saison il y en a pour tous les goûts, même les plus mauvais deviennent à la Mode. Alors cet été adoptez le style qui vous plaira, plusieurs à la fois si l’envie vous vient.

Cet été soyez qui vous voulez !

Devayani DINARD

difficile et risqué… Mais ça se tente !

Petite mise au point sur le normcore

Capture d’écran 2015-03-02 à 20.18.54Au palmarès des tendances les plus googlisées en 2014, le terme normcore arrive largement en tête. Pour ceux qui ne s’intéressent pas outre-mesure à l’univers de la mode, ce mot valise qui associe les adjectifs normal et hardcore reste cependant une énigme … Alors, toi, tu sais ce que c’est, le normcore ?

Tout a commencé en février dernier dans le New York Magazine. Avec l’article : « Normcore : fashion for those who realize they’re one in 7 billion », Fiona Duncan porte ce mot jusqu’alors inconnu aux oreilles des masses. Ainsi, la journaliste qui disait ne plus savoir distinguer, dans les rues de NYC, les jeunes branchés des touristes de la classe moyenne, qualifie le normcore de style vestimentaire célébrant le vêtement commun, l’habit banal, la garde-robe insipide. Si tu portes à l’instant un jean, des baskets Reebok et une polaire Quechua ou que tu es un habitué du combo tee-shirt uni, survêtement à trois bandes et Birkenstock, tu es incontestablement dans la tendance ! Ainsi, des personnalités comme Steve Jobs ou Larry David sont érigées au rang d’icône de mode (et on peut également citer Barack Obama, François Hollande, … la plupart des hommes politiques finalement). On pourrait penser qu’à force de se voir rangés dans des cases selon la façon dont ils s’habillent (hipster, preppy, bohème, indie, rock, punk, BCBG, chic, sport, et j’en passe), les gens désirant s’affirmer finiraient par adopter un look à l’extrême de la normalité : un non-style étudié, esthétisé et revendiqué.

Le problème, c’est qu’à l’origine de cet engouement pour le normcore, il y a un malentendu ! En effet, dans son article, Fiona Duncan a confondu deux concepts proposés par K-Hole, une agence de style new-yorkaise. Si l’acting basic désigne bien le fait de s’habiller volontairement « comme tout le monde », le normcore, lui, va bien plus loin. Le concept revient à cesser de considérer la manière de se vêtir comme un élément de distinction, mais plutôt comme un outil communicationnel, de fait adaptable à toutes les situations. Et nous EMLyen(ne)s, on connaît bien ça … Par exemple : quand tu t’affubles d’une jupe crayon et d’escarpins ou d’un costume qui te fait ressembler à un pingouin lors du Careers Forum, tu es normcore. Pareil lorsque tu arbores ton pull d’asso pour la SAT, ou que tu choisis une tenue « décontractée mais pas trop quand même » pour aller boire un verre avec des collègues de stage. Le normcore se définit donc dans le cadre d’une réflexion intellectuelle sur les processus individuels d’adaptation et d’identification à un groupe ou un environnement, dont le style vestimentaire n’est qu’une composante parmis d’autres.

Mais cette mise au point arrive trop tard, la sphère fashion s’étant déjà emparée du terme ! Dès lors, l’art d’assembler des pièces apparemment fades pour créer une silhouette harmonieuse devient un motif d’admiration. En effet, cette année, la simplicité n’a jamais autant été à la mode, comme en témoigne le récent succès de créateurs tels que Simon Porte Jacquemus (et sa collaboration avec La Redoute, enseigne normcore par excellence).

Par Romane Birker Lafay

Dessin de Pauline Guillet