Longueur des jupes et conjoncture économique

La mode, oracle de l’économie ?

Avez-vous déjà entendu parler de la « hemline theory » (la théorie de l’ourlet) ? Elle fut élaborée par George Taylor, professeur d’économie aux Etats-Unis, en 1926. Si l’on en croit cette théorie, la longueur des jupes serait liée à la situation économique… Cette théorie refait son apparition suite à la clôture de la FashionWeek de New York pour les collections hiver 2012.

Et cette théorie est d’autant plus étonnante lorsqu’on l’étudie de près. En effet, on pourrait penser que les jupes longues des femmes sont le signe d’une certaine prospérité, puisqu’il y a plus de matière, plus de tissu, et que c’est en situation économique favorable que l’on a les moyens de s’offrir ce genre de jupes. Or il n’en est rien. C’est le paradoxe que souligne cette théorie. La relation entre conjoncture économique et longueur des jupes est inverse : quand l’une monte, l’autre raccourcit et vice versa. Pourquoi ? A cela plusieurs explications possibles : tout d’abord parce que les femmes peuvent vouloir, en temps de crise, montrer (ou faire croire) qu’elles ont de l’argent, ou bien parce qu’en proie au pessimisme à cause de la situation difficile, les femmes ont tendance à se couvrir.

Quelle validité pour cette théorie ? Pendant les années 1920, robes et jupes se portent au genou (ce qui était considéré comme court à l’époque) : ce sont les Roaring 20s, l’économie se porte bien. Après 1929, la mode vient au long. Dans les années 1940, on note une exception à la théorie de l’ourlet : les robes sont courtes alors que la situation est difficile. Mais cela s’explique par des raisons pratiques. Avec les années 1960 et le renouveau économique, la minijupe fait son apparition. Mais dès le choc pétrolier, les jupes extrêmement longues réapparaissent sur les podiums. Rappelez-vous, les collections printemps-été 2008, avant l’éclatement de la crise, regorgeaient de robes très longues à fleurs. Les économistes auraient peut-être mieux fait d’observer les podiums pour prévoir la crise…

Aujourd’hui, les tendances sont plus difficiles à identifier, mais il semble que les jupes aient raccourci. Le très sérieux site américain Business Insider dit avoir analysé, en regardant 2 092 photos de vêtements conçus par vingt-cinq créateurs, et comparé les changements de longueur des jupes et des robes d’une année sur l’autre. Il en ressort qu’en 2011, la moyenne était de 44,38 cm, et voici que pour les collections d’hiver elle est de 35,04. Les trois quarts des créateurs étudiés ont présenté des jupes et robes plus courtes. De bon augure pour l’économie… ?

CV*

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s