Requiem pour le bijou

Pour commencer par un petit point historique, il n’est pas anodin de constater qu’il est un des premiers objets qui n’a pas de vocation utilitaire : par le bijou, l’Homme est devenu plus qu’un artisan mais un véritable artiste. Par le temps qui est consacré à sa conception et à sa fabrication, le bijou constitue un article luxueux, réservé à ceux qui ont du temps, un savoir-faire ou qui ont assez de ressources pour les acheter chez les autres. De cette façon, le bijou marque un privilège, qui est montré aux yeux de tous lorsqu’il accompagne une coiffure soignée ou quand il habille un poignet savamment dénudé. Ce faisant, il indique le faste et le goût des privilégiées les portant.

                Aujourd’hui encore, le bijou en tant que tel n’est pas à voir comme un accessoire sans importance mais doit être considéré comme ce qu’il est : un ornement qui sculpte une silhouette, au même titre qu’un vêtement bien coupé. En d’autres termes, il est à choisir avec soin. Cet ornement corporel en dit long sur celle qui le porte : hérité, offert ou  acquis, il est porteur de sens, que celui-ci soit de l’ordre social, identitaire, religieux, sentimental ou érotique. A titre d’exemple, la bague, simple anneau au demeurant, se transforme en signe de fiançailles, de mariage ou permet d’arborer des armoiries pour le cas de la chevalière.

                Le bijou a un avantage indéniable : il peut se changer, et son effet peut donc être soigné selon son style : certaines préféreront le bijou intemporel, celui dont on ne se lasse jamais et qui signifie tant qu’on n’envisage pas de s’en séparer. D’autres opteront pour la changement en assortissant leur parure à leur tenue, en ayant toujours en tête l’effet qu’elles veulent produire.

                Qu’il soit porté sur des vêtements, sur un corps ou même dans un corps,  le bijou reste un porte-parole majeur de la féminité et de l’identité de chacune, et le choix qui nous est offert aujourd’hui n’est pas pour nous mécontenter. En sublimant un décolleté, en attirant l’œil par son éclat, en proclamant le goût et la sophistication de sa porteuse, le bijou était et demeure une pièce à laquelle il faut accorder de l’importance.

                Pour parler des bijoux d’aujourd’hui, le plastron redevient un article phare de cet hiver, alors qu’il souligne un certain maintien en habillant élégamment le cou. Ce type de collier, originellement prisé dans l’Egypte Ancienne, revient sur le devant du podium. Et force est de constater qu’il apporte une touche de fantaisie à une tenue sobre  sans tomber dans le too much.

 Pauline Brotons

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