Bernard Arnault, première fortune d’Europe et homme d’affaires redoutable

 

Première fortune d’Europe et quatrième mondiale selon Forbes, Bernard Arnault, 61 ans, patron de LVMH, a bâti en 20 ans le premier empire mondial du luxe à coups d’opérations souvent fracassantes qui ont forgé sa réputation d’homme d’affaires redoutable.
Dernier coup en date: le rachat de Bulgari, convoité par d’autres concurrents du luxe comme Richemont et PPR, une des rares opportunités prenables dans le secteur.
En homme d’affaires avisé, il a réalisé l’opération avec la famille Bulgari selon un modèle qu’il espère voir faire école chez Hermès, dont il détient un peu plus de 20% à la grande colère des héritiers de la maison aux célèbres sacs et carrés de soie.
Regard bleu acier, silhouette longiligne, Bernard Arnault est « un personnage réservé qui fonctionne à la raison », déclare à l’AFP l’essayiste Alain Minc, proche de François Pinault, ex-PDG du groupe PPR contre lequel Bernard Arnault s’est battu en vain pour le contrôle de Gucci à la fin des années 1990.
L’un de ses meilleurs amis, le milliardaire belge Albert Frère, rencontré il y a une trentaine d’années, assure pour sa part à l’AFP que Bernard Arnault a « énormément d’humour ».
Né le 5 mars 1949 à Croix, près de Roubaix, Bernard Arnault assure, à sa sortie de Polytechnique, le développement de l’entreprise de bâtiments et travaux publics de son père.
Après la victoire de la gauche en 1981, ce libéral revendiqué s’exile aux Etats-Unis. Il rentre en France trois ans plus tard et cherche un projet d’entreprise à la hauteur de son esprit de compétition.
Avec la bénédiction de Laurent Fabius, alors Premier ministre, il reprend les textiles Boussac, criblés de dettes. Leur remise à flot se fait au prix d’un plan social drastique et de la cession d’une grande partie des activités. Bernard Arnault garde le joyau du groupe, la maison de couture Christian Dior.

Sa réputation de prédateur grandit à la fin des années 1980 quand il s’arroge la présidence de Louis Vuitton-Moët Hennessy à la hussarde, profitant des dissensions entre les dirigeants des deux maisons pour l’emporter au terme d’un long combat juridico-financier.
Mode, champagnes, parfums: 20 ans plus tard, LVMH truste une soixantaine de marques (Givenchy, Fendi, Céline, Hublot, Tag Heuer, Château d’Yquem, Veuve Clicquot, Hennessy, Sephora) et emploie 80.000 personnes dans le monde pour des ventes attendues autour de 20 milliards d’euros fin 2010.
Le credo du patron: innover tout en préservant l’histoire des maisons, atout essentiel pour conquérir les marchés mondiaux.
« S’il était seulement un raider financier, il aurait scindé son groupe en deux depuis longtemps entre le luxe et l’alcool », estime Alain Minc, pour qui « la volonté de construire un empire est déterminante chez lui ».
Bernard Arnault et François Pinault « utilisent la finance pour bâtir l’empire de leurs rêves », résume Alain Minc, proche du président Nicolas Sarkozy.
Bernard Arnault connaît bien lui aussi le chef de l’Etat: il était l’un des convives de la soirée du Fouquet’s au soir de son élection en mai 2007.
A ceux qui le traitent de prédateur, le patron de LVMH répond que « les affaires sont comme un match de tennis. On se bagarre et après on se serre la main ». Quatrième fortune mondiale, il a connu des hauts mais aussi des bas, dans l’internet notamment.
Pianiste émérite, il fait également partie des grands mécènes français. Son prochain grand projet, mêlant art et architecture, est la « Fondation Louis Vuitton pour la création », en région parisienne, dont le permis de construire a été annulé début janvier.

Par Dominique AGEORGES – Les échos.

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