LVMH s’offre Bulgari

Le rachat du joaillier italien se fera dans le cadre d’un échange d’actions et d’un rachat des minoritaires. L’échange de titres valorise les 51 % de la famille Bulgari à 1,84 milliard d’euros. Les minoritaires se voient offrir une énorme prime par action.

Le groupe français LVMH va prendre la majorité du capital du bijoutier italien Bulgari. Un accord a été conclu «durant le week-end» avec la famille Bulgari, actionnaire majoritaire du joaillier.
Jusqu’à présent, la moitié du capital de Bulgari était flottant. Les frères Paolo et Nicola Bulgari, petits-enfants du fondateur et respectivement président et vice-président du conseil de surveillance, détenaient par ailleurs 23,32% et 22,75% des titres, leur neveu Francesco Trapani, administrateur délégué du groupe, en possédant 4,36%.
L’opération s’effectuera dans le cadre d’un échange d’actions et d’un rachat des minoritaires. Pour acheter cette participation majoritaire de Bulgari, LVMH, également propriétaire des Echos, va ainsi émettre 16,5 millions d’actions, pour rémunérer les 152,5 millions d’actions apportées par la famille Bulgari, qui deviendra le 2e actionnaire familial du groupe français, avec près de 3,5% du capital .
La transaction valorise la part de la famille Bulgari (51%) à 1,84 milliard d’euros au cours de clôture de l’action LVMH vendredi soir (111,55 euros) à la Bourse de Paris. Pour les actions détenues par les minoritaires de Bulgari, LVMH va lancer une offre publique d’achat (OPA) de 12,25 euros par action. Les minoritaires se voient donc offrir une énorme prime par rapport au cours de l’action Bulgari de vendredi dernier, qui était de 7,50 euros. Au total, le montant de la transaction pourrait atteindre 4,3 milliards d’euros.
Les deux patrons de Bulgari, Paolo et Nicola Bulgari, resteront respectivement à la tête de leur entreprise, la famille Bulgari disposant également de deux postes au conseil d’administration de LVMH (dont un pour Francesco Trapani).
Selon Paolo et Nicola Bulgari, cités dans le communiqué, «nous avons trouvé en Bernard Arnault et dans le groupe qu’il a construit tous les éléments que nous recherchions pour garantir la pérennité de Bulgari : une capacité à accueillir et à fédérer au sein d’une organisation puissante des marques qui trouvent là le moyen de croître (…) tout en préservant leur identité».
Selon Bernard Arnault, également cité dans le communiqué, «l’association entre mon groupe et celui de la famille Bulgari constitue un rapprochement idéal sur tous les plans». LVMH fait surtout « coup double » selon un analyste. Le champion du luxe « s’offre un très beau nom et veut faire la preuve qu’il peut s’entendre avec des actionnaires familiaux ».
LVMH possède déjà 50 marques majeures du luxe, dont la marque phare Louis Vuitton, Moët & Chandon, dans le champagne, TAG Heuer ou Hublot dans la haute horlogerie, ainsi que les bijoutiers Fred et Chaumet. L’an passé, ses ventes ont passé la barre des 20 milliards d’euros (le résultat opérationnel a grimpé de 29 %). Mais les bijoux de Bulgari deviendront sa première marque de joaillerie.
Le groupe Bulgari, qui était en perte en 2009 du fait de l’expansion de son réseau de distribution, doit publier ses résultats 2010 à la fin de cette semaine ; il table cette fois sur un bénéfice de plus de 51 millions d’euros. Il a déjà publié le 31 décembre dernier un chiffre d’affaires annuel de 1,069 milliards d’euros, réalisé par la joaillerie à 44 %, la parfumerie à 24%, l’horlogerie à 23 % et les accessoires à 7,25 %. 38% de ses ventes sont réalisées en Europe -dont 12% en Italie -, 43% sont réalisées en Asie -dont 19% au Japon -, 12% le sont en Amérique et 5% au Moyen-Orient.

Bulgari, des bijoux à l’hôtellerie

La société Bulgari a été fondée en 1884 par une famille d’orfèvres grecs installés en Italie. L’entreprise romaine se diversifie rapidement de l’argenterie vers l’horlogerie et la joaillerie et s’internationalise dans les années 1970.
Dans les années 90, la diversification se poursuit vers la parfumerie, le textile, la maroquinerie et la lunetterie. En juin 2010, Bulgari a annoncé son intention de doubler à l’horizon 2013-2015 ses ventes de sacs à main, un domaine aux marges plus élevées que la joaillerie (7% à 8% du chiffre d’affaires à cette date).
En 2001, le groupe s’est lancé dans l’hôtellerie, via une coentreprise avec Marriott International . Le premier hôtel Bulgari s’est ouvert en 2004 à Milan, un autre doit suivre à Bali, en Indonésie.
Le groupe est le troisième joaillier mondial derrière le français Cartier (groupe Richemont ) et l’américain Tiffany .


Source: les Echos.

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